Citations pépites

L’absence de femmes dans la réalisation des films contraste très fortement avec le public qui vient dans les salles, très majoritairement féminin, le ratio hommes-femmes y est en effet de l’ordre de 30%-70% !

Connaissez-vous l’expérience qui a été faite par l’orchestre de Boston qui voulait se féminiser ? Il a fait passer les candidats derrière un rideau noir, anonymement. Le jury a choisi plus d’hommes, tout le monde a été déçu. L’expérience a été renouvelée, mais cette fois avec une moquette sur le sol, et on n’entendait pas la démarche des candidats. Le jury a alors choisi des femmes à 50/50. Cela montre à quel point nous sommes pré-disposés dans nos choix.

Dans les remerciements d’événements professionnels du secteur, quand on cite les femmes, c’est souvent par leurs prénoms. Elles n’ont pas de noms de famille ?

Je suis actrice, j’ai déjà joué des premiers rôles importants, fait partie de jury de grands festivals, et pourtant, je ne suis interviewée la plupart du temps par les journalistes que sur mon physique, mon maquillage, la mode, et ma vie sentimentale…

Il y a moins d’hommes pas castrés que de femmes pas castrées. Les petites filles devraient avoir le droit de rêver de conduire les gros engins !

Je suis pragmatique, je suis désespéré que dans mes équipes, tous les chefs de postes soient des hommes. Est-ce que je peux aller contre ça ? Non, mais je vais privilégier les femmes là où on ne les attend pas, surtout dans les métiers techniques. Parité partout.

Mes amis masculins me font lire leurs projets pour avoir un point de vue féminin, c’est un progrès.

Je repars non pas avec une bonne conscience, mais avec une bonne confiance sur la nouvelle génération, même si il faut l’entretenir.

Il faut bannir deux mots que l’on utilise trop souvent lorsque l’on parle des réalisatrices : sensible et hystérique.

Créer des personnages complexes, c’est une façon de voir les femmes autrement. C’est une façon d’être femme et d’être homme. 

Je ne suis pas d’accord avec la façon dont le harcèlement est présenté par les médias. Pour moi c’est plus une question de pouvoir qu’une question de sexe. 

Nous, les Français, dans notre histoire, nous avons fait la révolution. Aujourd’hui, ce qui est en train de se passer, c’est notre révolution [à nous les femmes]. On doit regagner les libertés, nos libertés, l’égalité, notre égalité, et la fraternité, notre fraternité. Sans couper de tête ! 

Je n’en peux plus qu’on suspecte les femmes d’avoir été choisies à cause des quotas, alors qu’on ne remet jamais ça en question concernant les hommes. 

Pendant mes entretiens d’embauche dans l’industrie du cinéma, la question de la grossesse m’a été systématiquement posée. Or je sais que ce n’est pas le cas pour mes collègues hommes. Si ce n’est pas du machisme, ça y ressemble.

Quand un réalisateur homme est jeune, on dit que c’est un génie. Quand c’est une femme, on dit qu’elle manque d’expérience.

Quand on est une réalisatrice et qu’on fait un portrait de femme, une réaction revient en permanence : « quel beau portrait de femme », alors que c’est juste un personnage féminin. On ne dirait pas « quel beau portrait d’homme » pour un film avec un personnage principal masculin. C’est stigmatisant.

On dit souvent que les femmes de réalisateur travaillent grâce à leur conjoint. Quand c’est le contraire, on ne dit jamais qu’un homme travaille grâce à sa femme.

Les femmes sont trop polies, ne s’imposent pas assez. On devrait être plus Kathryn Bigelow.

Je suis producteur et je ne me pose pas la question du genre, c’est naturel chez moi, du coup je me sens mal à l’aise : est-ce que je dois faire quelque chose ?

Je vais continuer à écrire des personnages de femmes réalistes et matures.

La question des quotas rode, un peu comme la réintroduction du loup dans les Pyrénées. Entre éleveurs de brebis et écologistes. tout le monde aime la nature, mais personne n’est d’accord.

Les femmes réalisatrices sont payées 34% de moins que les hommes. On intègre ce truc-là en bonnes élèves.

Dans notre façon d’exister, on doit politiser notre présence. C’est notre responsabilité individuelle et collective. 

Pour monter le tapis rouge, il faut être jolie. 

Quand un homme se plaint de ne plus savoir comment parler aux femmes, après l’affaire Weinstein, la réponse est simple : Demande-toi si tu dirais la même chose à Dwayne ‘the Rock’ Johnson ? 

C’est notre révolution. Elle n’est plus menée par des hommes mais par des femmes. 

Dans un de mes films, le rôle principal est celui d’une femme et elle part en province. Combien de fois on m’a demandé pourquoi son mari restait à Paris dans l’histoire et ne venait pas sauver sa femme ? Mais aujourd’hui, les femmes n’ont plus besoin d’être sauvées par les hommes ! 

Le cinéma est exigeant. Ce sont les productrices, les gens de pouvoir, qui peuvent faire changer les choses. 

En tant que productrice, je ressens une forte condescendance à l’égard des femmes quand il s’agit de porter à l’écran des films à budget important. Si on pose sur la table un film à 7 ou 8M€, la réponse est : mais vous n’avez pas besoin de tant d’argent. Alors que faut-il faire quand le scénario plait en l’état et qu’il y a beaucoup de scènes, de décors, de personnages ? On finit par s’auto-censurer, se dire que peut-être, c’est vrai, on n’a pas besoin de tant d’argent… Et ce sentiment se déplace naturellement chez les réalisatrices…

Il y a quelque chose à faire avec les hommes sur la question, car ils ne sont tout simplement pas vraiment conscients des inégalités qui existent. Le chemin est à faire des deux côtés.

La première fois que je me suis sentie femme, que je me suis posée des questions liées à mon genre, c’était au moment de la réalisation de mon premier long métrage. Je me suis alors vraiment demandé si j’aurai les épaules pour gérer une équipe ? Mais à ce moment là, j’ai réalisé que cette question m’est venue simplement parce qu’on n’a pas arrêté de me la poser !

Je suis actrice depuis que j’ai 17 ans et j’ai dû attendre d’avoir 38 ans pour qu’on me confie un rôle de femme avec un vrai métier.

Donner aux femmes la place qui leur revient dans le cinéma n’est pas un combat mais une alliance. Je suis heureuse de ne pas me sentir seule.

Tu dois être vraiment courageuse pour te montrer telle que tu es. 

Dans ce genre d’assemblée, on est mal à l’aise en étant un homme. Comment favoriser la place des femmes sans aller contre les hommes ? Mal à l’aise avec l’idée des quotas et de la discrimination positive.

Je repars avec plus d’ouverture, notamment sur la parité. Ce que je peux faire, c’est être plus vigilant sur ces questions, plus bienveillant, plus dans l’échange, aussi sur la programmation et sur à qui je donne la parole.

On arrivera à rien tant qu’on n’arrivera pas à métisser les regards

J’ai plein d’amis réalisateurs et réalisatrices et la légitimité, c’est  un problème qui ne revient jamais dans les discussions des hommes

Le cinéma est la projection des archétypes d’une société. 

Dans la féminité, nous sommes nos propres ennemies. Les actrices, nous avons toujours été mises en concurrence, les unes contre les autres.

Qu’est-ce qui est genré dans l’interprétation ? Il n’y a pas de différence de nature entre l’interprétation des hommes et celle des femmes. 

S’il n’y a pas une attention particulière, ça ne marchera pas car la société est déséquilibrée